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L’échographie est une technique médicale récente et, dans les différentes disciplines médicales, il a fallu de longues années pour qu’elle prenne sa juste place. La situation de l’échographie fœtale était particulièrement complexe dans la mesure où sa discipline d’application, la médecine fœtale, était elle-même naissante, inconnue, voire niée. Structurer, développer, évaluer l’exploration, à l’aide d’une technique inédite, d’un patient inaccessible et dont la connaissance physiologique était nulle ou erronée. Tel était le pari de l’échographie fœtale à l’aube des années 70. Il faut avoir lu le “petit livre rouge” de Salvator Levi ou avoir entendu la voix calme de Ian Donald pour percevoir la dimension chamanique de ces quelques visionnaires au rang desquels on placera également Bernard Leroy ou Stuart Campbell. La possibilité de sortir le fœtus de son statut d’éternel ignoré, de pouvoir agir enfin sur ce qui semblait une éternelle fatalité humaine expliquait l’urgence. De fait, l’utilisation de la méthode précéda son évaluation. Dans un premier temps, le dogme a prévalut qui voulait que le plus soit toujours le mieux. Faute de règle commune, chacun a accommodé la méthode à sa manière. Pour les familles, l’offre de soins était extrêmement disparate. Ici, on était noyé sous les données au risque d’une médicalisation injustifiée, ailleurs l’exploration minimaliste ne permettait guère d’espérer un dépistage significatif. Apprécier la qualité, chercher à l’améliorer était hors de portée sans cette référence, sans définition des enjeux, des pré-requis et des différentes modalités d’application. Très tôt, le Collège Français d’Echographie Fœtale s’est préoccupé de cette question et, dès son second séminaire, il a engagé une démarche de clarification concernant la programmation et le contenu des examens. Cette action collective s’est concrétisée par la publication dès 1997 des “guides d’examen échographique” applicable aux examens de routine de 12, 22 et 32 semaines. En 2003, le rapport (Dommergues-Bessis) remis à Jean-François Mattei, Ministre de la Santé, apportait des éléments essentiels. Il exposait clairement que les différentes modes d’exercice de l’échographie fœtale étaient complémentaires et toutes contributives et qu’elles ne pouvaient s’inscrire dans une classification hiérarchique (niveau 1, niveau 2, ….). Surtout, était officiellement exprimée la distinction entre l’échographie de dépistage, applicable à l’ensemble de la population et les autres modalités d’application conjoncturelle. Dès lors, il était possible de s’emparer de cette notion et de lui donner un cadre précis, base tangible d’une double sécurité. Sécurité pour les familles, assurées d’un minimum d’égalité dans l’accès au dépistage prénatal, sécurité pour les praticiens, dont la mission était plus clairement délimitée. Remis au Ministre de la Santé, Philippe Douste-Blazy, en avril 2005, le rapport du Comité National Technique de l’Echographie de Dépistage est une référence désormais incontournable, concrétisant l’accord et l’engagement de toutes les instances professionnelles concernées. Cette étape historique accomplie, Comité National Technique de l’Echographie de Dépistage a souhaité aller plus loin et aborder la difficile problématique des échographies réalisées dans un autre contexte, lorsqu’il existe un facteur de risque particulier, une suspicion de pathologie fœtale ou une difficulté d’examen non résolue. Au coté des autres sociétés savantes représentées, le Collège Français d’Echographie Fœtale s’engage dans cette recherche et la soutient activement. Ce sera l’un des thèmes abordés lors de son très prochain séminaire scientifique. Un document de synthèse y sera collectivement élaboré et marquera tout notre intérêt et notre contribution active à la diffusion à l’ensemble de la communauté professionnelle et à l’accessibilité pour toutes les familles d’une pratique échographique de qualité, efficace et humaine. |